Le Forum Social Mondial à Nairobi, Kenya.

Témoignage: Wilbert Gobbo M.Afr.

Wilbert Gobbo

UNE CRITIQUE DU FORUM SOCIAL MONDIAL: EST-CE QU'UN 'AUTRE MONDE' EST UTOPIQUE ?
Le but de cette critique du FSM vient de la question qui m'été posée, 'Qu'est-ce que tu penses vraiment des résultats de ces réunions, (y compris le FSM)' ? Des milliers de personnes sautent dans des avions (ce qui contribue à la pollution de la planète), dépensent des millions de dollars ( qui affermit l'empire néo-capitaliste du mal) et encore pire, rien ne semble changer, sauf quelques retouches superficielles ici et là.

Comment évaluer de façon critique le Forum Social Mondial qui a eu lieu à Nairobi du 20 - 25 janvier 2007 ?
Qu'est-ce que nous pouvons dire du FSM lui-même ? Etait-ce le gaspillage d'argent et des ressources globales ? Etait-ce la perpétuation de l'empire néo-capitaliste ? Qu'est ce que nous pouvons dire des résultats éventuels ? Est-ce que le FSM peut apporter des résultats concrets et vérifiables ? Après le FSM pouvons-nous parler d'un 'autre monde' comme étant plutôt utopique ?
Je suis porté à croire que s'il y avait eu cinquante milles personnes régulièrement inscrites, on aurait eu le même nombre de réponses à chacune des questions déjà citées. Si vous posez une des ces questions aux six billions de notre monde qui n'ont pas assisté au FSM, je parie que vous auriez le même chiffre en réponse !

Je vais vous donner ma réponse personnelle. Je ne peux pas dire que la réponse soit absolue et objective à cent pour cent. Pour paraphraser une école de pensée morale aux USA : 'à toute question (s'applique aussi à des questions sociales et économiques) il n'y a qu'une solution qui soit 'simple', 'naïve' et (forcément) 'fausse'.' Toutefois, je crois qu'il y a un niveau élevé 'd'objectivité individuelle' dans ce que je vais vous partager concernant le FSM.

Je vous donne ma réponse qui est conditionnée par mon contexte : jeune homme, Tanzanien, ayant fait des études en Afrique ainsi qu'en Europe, missionnaire, à l'œuvre au Niger et qui par hasard a participé au Forum Mondial de la Théologie et Libération ainsi qu'au Forum Social Mondial.

 


Cérémonie d'ouverture du FMT&L

Qu'est-ce que je peux dire du FSM lui-même ? On ne peut pas nier le fait de l'implication financière quant à l'organisation et l'actualisation du FSM. Cela crève les yeux qu'il y avait eu des dépenses en ressources mondiales : moyen du transport, les communications, la restauration, la publicité, etc. Les gens qui y ont assisté avaient des intentions diverses. Il y avait des gens vraiment convaincus et activement engagés dans la lutte pour un monde meilleur et plus juste. Il y avait quelques touristes, quelques membres des syndicats de bavardages, quelques veilleurs de l'empire néo-capitaliste, ceux qui se nourrissent soit-disant au nom et à la place des pauvres. Du fait que les dépourvus kenyans ne disposaient pas des 7 dollars USA pour les frais d'inscription, ils ont été automatiquement exclus de prendre part au FSM qui discutait (à le supposer) de leur bien-être.

Uhuru Park
Des gens des quatre coins du monde ont assisté à la cérémonie d'ouverture du FSM

D'un coté, il est vrai que de façon directe ou indirecte, quelques multinationales ou d'autres agents du néo-capitalisme ont profité d'une manière ou d'une autre du Forum Social Mondial. Quelques compagnies aériennes ont pu faire un peu plus d'argent. Des propriétaires des maisons d'accueil à Nairobi ont pu en profiter. Une bouteille d'eau se vendait pour à peu près le double du prix habituel.
De l'autre coté, le FSM était un événement inoubliable quand on voyait, écoutait et partageait avec tant de personnes de tous genres qui réclamaient un monde meilleur où le slogan 'LA OU TU VIS NE DETERMINE PAS QUE TU VIVES (OU NON), avait sa valeur.

Nous avons bien apprécié les analyses socio-économiques de la situation globale. Conscients du fin fond du problème politique global et socio-économique, on peut se sentir pessimiste quant à la possibilité d'un autre monde meilleur. Se rendre compte que même celui qui lutte pour un monde meilleur est au sein de la bête, autrement dit l'empire du néo-capitalisme, on peut croire que l'on se bat dans une bataille perdue d'avance. Peut-on se tenir debout si toute la terre tremble ?

D'un certain point de vue, on pourrait qualifier l'attitude de ceux qui luttent pour un autre monde comme étant 'ultra-mondiale', et leurs discours peu réalistes et remplis de généralisations hâtives. On pourrait renvoyer leurs propos comme des paroles vides (flatus vocis.) Leurs aspirations vers un autre monde ne sont que prendre ses désirs pour des réalités. C'est plutôt faiblard. 'Vanité des vanités', il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Ils rêvent tout en étant éveillés et leur recherche d'un monde nouveau est utopique (du grec ou : sans, et topos : lieu.)

Kenneth Kaunda
L'ex-Président K. Kaunda de la Zambie donne de l'espoir aux participants du FSM

D'un autre point de vue, il est tout à fait juste de se demander, 'Est-ce que nos sans-espoirs peuvent continuer à espérer ?' Y a-t-il un empire quelconque qui soit éternel ? Y a-t-il des leçons à tirer de tous les autres empires, y compris celui d'Alexandre le Grand ? Est-ce que le déferlement de l'empire néo-capitaliste peut faire marche arrière un jour ? N'est-il pas vrai que 'rien n'est si permanent que le changement ?' Néanmoins, la période de gestation de ces changements peut durer longuement.

Les révolutionnaires peuvent devenir des catalyseurs pour les changements socio-économiques, (à leurs propres risques et périls.) Le monde a besoin d'un Mahatma Gandhi, d'un Oscar Romero d'un Martin Luther King ; d'un Nelson Mandela et d'un Desmond Tutu, toujours en vie, pour accélérer la venue d'un monde meilleur d'égalité, de solidarité, de justice, de paix, d'espérance, de pardon et de réconciliation. Surtout, il a besoin de toi et de moi pour jouer un rôle important (bien qu'en apparence un rôle insignifiant) dans la lutte pour un monde meilleur par le moyen de la non-violence.
Manifestement, nous sommes peut-être 'au sein de la bête', mais y a-t-il un moyen pour 'mater la bête', tout au plus ? Changeons maintenant de registre : passons de 'rêveurs passifs sous un sommeil dogmatique' à des 'rêveurs actifs' par notre engagement envers la possibilité d'un autre monde.

 


Une des nombreuses sessions de l'analyse socio-économique de l'empire néo-capitaliste et ses conséquences pour les 'économies à béquilles' de certains pays pauvres

Personnellement, j'ai beaucoup profité de FSM. En rentrant du FSM, j'ai 10 kilos de plus de documentation, d' articles, de revues et quelques livres, que j'ai acheté moi-même pour la plupart. J'ai beaucoup appris de l'empire du néo-capitalisme, sur la globalisation, le commerce international, l'OMC, les FMI, la Banque Mondiale, les APE (les Accords de partenariat européens), les Accords de libre-échange, le déséquilibre nord-sud, la Banque du sud, la dette internationale et les conditionnalités, le soi-disant commerce équitable, le marché mondial et la pauvreté. J'ai davantage appris au FSM que si je devais faire cette recherche tout seul dans une bibliothèque universitaire toute l'année. J'ai beaucoup appris sur la force de diffuser des problèmes sur l'ensemble du réseau. Quand on met les forces ensemble, on arrive à la transformation des affaires.


Mgr Desmond Tutu et 3 autres lauréates du Prix Nobel au FSM 2007

Pendant le discours inaugural de Mgr Desmond Tutu, quelques personnes s'attendaient à des solutions miracles pour leurs peurs et doutes 'cartésiens et systématiques' en vue de prendre des risques et se joindre à la lutte pour un monde meilleur et plus équitable. A leur surprise, ce prédicateur éloquent s'est basé sur ces mots :'la voix des victimes est la voix de Dieu', (vox victimarum vox Dei.) Desmond Tutu nous a présenté un défi 'supra-éthique et systémique' : 'qui essuiera les larmes de Dieu ?'
Pour 'essuyer les larmes de Dieu' pouvons-nous nous limiter à ceux qui sont appelés, (ek-klesia): extra ecclesiam nulla salus? Pouvons-nous nous limiter uniquement aux disciples de Jésus-Christ pour accomplir cette noble tâche? Est-ce que nous osons 'catégoriser' cette tache aux croyants d'un Dieu unique ? Est-ce que le vent qui souffle le changement pour un monde meilleur peut être amené par des gens de foi et ceux de bonne volonté ? Ce ne serait pas une mauvaise idée que de se mettre de coté d'Edward Schillebeeckx quand il parle de 'extra mundum nulla salus'. La tâche de construire le royaume de l'amour, l'espérance, la solidarité, l'égalité, la justice, la paix, le pardon et la réconciliation appartient à toutes les personnes de bonne volonté, croyants ou non-croyants.

Quand on évalue l'importance du FSM il est bon de remarquer que le FSM est un espace d'écoute et de partage pour les convictions intimes et des instruments dont on dispose pour transformer ce monde ! Le FSM n'est pas un organisme qui prend des décisions ni qui les met en œuvre. C'est un endroit où les sans-voix peuvent se faire entendre. Toutefois, même au FSM les voix des sans-voix (les dépourvus) s'entendaient par des intermédiaires, les nantis.

Quel défi énorme que de franchir ce pas et de subir deux ou même trois fois un changement de registre : entre 'faire au nom des pauvres' à 'faire avec les pauvres' ; entre 'être pour les pauvres' à 'être avec les pauvres' ; il y a même un petit nombre qui vont jusqu'à 'être avec les pauvres' à devenir pauvre 'avec et parmi les pauvres.' Ils passent de 'essuyer les larmes de Dieu' à 'devenir les larmes de Dieu.'

 

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Le bidonville de Kibera, 'le plus étendu de l'Afrique sub-saharienne' ; d'un coté les nantis et de l'autre les dépourvus

En un mot, je suis très reconnaissant au FMT&L et le FSM. Je prends une option fondamentale pour la lutte continue pour un monde meilleur. Je suis uni à tous ceux qui s'engagent à se donner en amour, espérance et joie aux victimes de l'empire néo-capitaliste, ceux qui sont perdus, les plus petits et les derniers de la société. Viva le FSM et tous les efforts pour diffuser des problèmes sur l'ensemble du réseau Viva!

Wilbert Gobbo
Au Mali, en transit du Kenya au Niger.
E-Mail: wilbergobbo@yahoo.co.uk
2/2/2007


Photos Yago Abeledo M.Afr. Nairob


The World Social Forum in Nairobi, Kenya.

Testimony of Wilbert Gobbo M.Afr.

Wilbert Gobbo

A CRITIQUE OF 'WORLD SOCIAL FORUM': ANOTHER WORLD IS UTOPIAN?
The axiom of this critique of WSF is the question which has been asked to me: "What do you honestly think is the outcome of these meetings (I include the Social Forum)?' Thousands of people hop on planes (contributing to the pollution of our planet), spending millions of dollars (boosting the "neo-capitalistic evil empire")…Worse even, nothing seems to change apart from some cosmetic touches here and there".

How can we critically evaluate the World Social Forum which was held in Nairobi from 20/1/2007 to 25/1/2007?
What can we say of the WSF itself? Was it wastage of money and of global resource? Was it the perpetration of the neo-capitalistic empire? What can we say about its possible outcome? Can the WSF bring concrete and verifiable results to a better world? After the WSF can we speak of another world as utopian?

I tend to believe that if there were fifty thousand people who were officially registered for the WSF there will be fifty thousand different answers to any of the above questions. If you ask any of the above questions to the six billions of our world who were not present at the WSF I bet you will have six billions answers.

I am going to give my personal answer. I cannot claim that my answer is absolute and 100 % objective. To paraphrase one moral school in USA, "to every moral issue (the same applies to social and economic issues) there is one solution which is 'simple', 'naïve' and 'wrong' ". However, I believe that there is a high level of 'subjective objectivity' in what I am going to share with you about WSF.

I am going to give my answer which is conditioned by my context: young man, Tanzanian, educated both in Africa and Europe, missionary, working in Niger and who happened to have participated in the 'World Forum of Theology and Liberation' together with the 'World Social Forum'.

 


The opening ceremony of the WFTL

What can 'I' say about the WSF itself? One cannot deny the naked truth of the financial implication for the organisation and the actualisation of the WSF. It is a fact that there has been a certain expenditure of the world resources through: transport, communication, restoration, publicity, etc. People who came had mixed motivations. There were some truly convinced, committed and active people in the struggle for a more just and better world. There were some tourists, there were some members of some 'gossiping syndicates', there were some 'watchmen' of the neo-capitalist empire, there were those who feed in the 'name' and in the 'place' of the poor. Because the have-nots of Kenya could did not have 7 US dollars as inscription fees, they were automatically excluded to participate in the WSF which was discussing (or rather was supposed to be discussing) of their welfare.


Uhuru Park
People from the four corners of the world at the opening ceremony of WSF)

On the one hand, it is true that directly or indirectly some multinational and other agents of neo-capitalism have directly or indirectly benefited from the social forum. Several plane companies have made a bit of extra money. Owners of guesthouses in Nairobi have also benefited from the WSF. A bottle of drinking water was being sold about double of its usual price.
On the other hand, the WSF was an 'unforgettable' event to see, listen and share with so many people from all walks of life who are 'crying' for a better world whereby, 'WHERE YOU LIVE DOES NOT DETERMINE WHETHER (OR NOT) YOU LIVE'!

We were grateful of the 'socio-economic analyses of the global situation. Being aware of the 'nitty-gritty' of the global political and socio-economic situation one can be very pessimist about the possibility of another better world. Being conscious of the fact that even the one fighting for a better world is in the 'belly of the beast' who is the 'empire of neo-capitalism', one can consider oneself to be fighting a loosing battle. Can one stand still if the whole ground is shaking?

From one side, one can label the people who are fighting for 'another world' as 'ultramondialists' and their speeches to be unrealistic and full of 'sweeping statements'. One can dismiss what they say as 'empty words' (flatus vocis). Their desire for another world is just a 'wishful thinking'. It is all wishy-washy. 'Vanity of vanity all is vanity', there is nothing new under the sun. They are 'day dreamers' and their quest for 'another world' is utopian (Gk ou=not, topos=place).


Kenneth Kaunda
Former Zambian President K. Kaunda giving hope to participants of WSF

From another side, it is quite right to ask oneself, "can't our 'hopeless hope' hope on"? Is any empire eternal? Can we learn from all other empires even from that of Alexander the great? Can the wheel of neo-capitalist empire ever be reversed? Is it not true that 'there is nothing so permanent as changes'? However, the 'gestation' period of these changes can be very long.

Revolutionaries can be 'catalysts' to social and economic changes (at their own risk). The world needs the Mahatma Gandhi, the Oscar Romero, the Martin Luther Kings, and the living Nelson Mandela and Desmond Tutu to hasten the better world of equality, solidarity, justice, peace, hope, forgiven and reconciliation. Above all, it needs you and me to play an important (though seemingly insignificant) role in the struggle for better world through non-violence.


Yes, we might be in the 'belly of the beast' but is there a way, of at least, 'taming the beast'? Let us make a paradigm shift (a qualitative jump) from 'passive dreamers in a dogmatic slumber' to 'active dreamers' through our commitment for another possible world.

One of the many sessions on socio-economic analysis of the neo-capitalist empire
and its consequences in the 'limping economies of some poor countries

Personally I have gained a lot from the WSF. Coming back from WSF have 10 extra kilos of handouts, articles, magazines, and some books (most of which I bought).
I have learnt a lot about empire of Neo-capitalism, Globalisation, International Trade, WTO, IMF, World Bank, EPA's (Economic Partnership Agreements), Free Trade Agreements, North-South Trade imbalances South-South Solidarity, Bank of the South, International Debts and conditionalities, 'the seemingly' Faire Trade, World Market and Poverty. I have learnt more in the WSF than if I had to do research all alone in a university library for the whole year. I have learnt a lot about the power of the networking. When we join our forces together we change something.




Bishop Desmond Tutu and other Noble prize winners at the WSF 2007

During the opening speech of Bishop Desmond Tutu some people expected some miraculous solutions to their 'Cartesian and systematic' fear and doubt to take risk and join the struggle to fight for a more just and better world. To their surprise, this eloquent preacher takes the axiom that the 'voice of the victims is the voice of God' (vox victimarum vox Dei). Desmond Tutu gave us a 'supra-ethical and systemic' challenge, 'who will wipe the tears of God'?

Can we limit the 'wiping of the tears of God' to 'those who are called out' (ek-klesia): extra ecclesiam nulla salus? Can we limit this noble task only to the followers of Jesus Christ? Can we 'pigeonhole' this task only to those who believe in one God? Can't the 'wind of change' for a better world be brought about by people of faith and people of good will? It is not a bad idea to side with Edward Schillebeeckx that 'extra mundum nulla salus'. The task of building of the Kingdom of love, hope, solidarity, equality, justice, peace, forgiven and reconciliation is of every person of good will both believers and non-believers.

When assessing the importance of the WSF it is important to notice that WSF is a space of listening and sharing our convictions and our tools to transform this world. WSF is neither a decision making body nor an implementing body. It is a place where the voiceless can have their voices listened to. However, even in the WSF the voice of the voiceless (the have-nots) were head through intermediaries, the haves.

A big challenge is to cross the line and by undergoing a double or even a triple paradigm shift: "from doing 'for' the poor to doing 'with' the poor", "from being 'for' the poor to being 'with' the poor" and a few can go as far as "from being with the poor to become poor 'with and among' the poor". They move from 'wiping the tears of God' to 'becoming the tears of God'.

 

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The slum of Kibera 'the biggest in sub-Saharan Africa': the haves on the one side and the have-nots on the other

In a nutshell, I am very grateful of the WFTL and of the WSF. I take a fundamental option for an ongoing struggling for a better world. I join all people who are committed in giving love, hope and joy to the 'victims' of the 'neo-capitalist empire who are the lost, the least and the last of the society. Viva the WSF and the all the networking endeavours Viva!


Wilbert Gobbo
In Mali, on transit from Kenya to Niger.
E-Mail: wilbergobbo@yahoo.co.uk

2/2/2007

Photos Yago Abeledo M.Afr. Nairobi
Traduction : Donald MacLeod